Entretiens : La crise donne naissance à toutes les dérives

Publié le par Babou

La crise a bon dos.

 

Elle permet aux industries et surtout aux actionnaires de pousser encore plus loin la soif du capitalisme. Par des fermetures intempestives d'usines françaises qui font des bénéfices mais qui n'atteignent pas les budgets prévisionnels fixés par les requins de la finance, par des implantations en Europe de l'est ou en Asie, ou encore par des recherche de nouveaux fournisseurs à moindre coût dans des pays lointains où hommes, femmes et enfants sont exploités. Tous les produits de notre consommation sont censés être obtenus par une charte de fabrication de développement durable. Mais qu'est-ce que c'est ? Pour résumer, le développement durable est censé représenter la philosophie de production européenne incarnée par le respect des hommes et des femmes (pas des enfants, ceux-ci n'étant pas censés travailler bien sûr) mais également par le respect de l'environnement, tout en assurant bien sûr une qualité irréprochable aux produits fabriqués. L'industrie est donc censée répondre aux besoins du client mais aussi aux besoins des employés et de la planète...

Quelle illogisme donc de constater que la délocalisation fait rage ! L'implantation d'usines à l'Est, puis encore plus à l'Est, augmente les frais logistique, mais aussi les frais de non qualité. Pas de racisme ni de nationalisme dans cette phrase. Simplement force est de constater que nous français, avions un savoir-faire. Finalement les actionnaires semblent ne pas remarquer que les bénéfices ne sont pas meilleurs et que le bilan de développement durable n'est pas optimum. Pis encore, dans un contexte de Grenelle de l'environnement et de rassemblement des États à Copenhague, d'objectifs sévères, nous constatons avec consternation que la délocalisation impose une logistique plus complexe, plus coûteuse et surtout, plus polluante. Alors ces conséquences n'étaient-elles vraiment pas prévisibles ? Quelques entreprises en sont déjà revenues et commencent une relocalisation, mais combien de temps faudra-t-il aux multinationales pour se rendre compte que les compétences françaises ou européennes de progrès continu et de réduction des coûts contribuent à une compétitivité certaine ?

Ce contexte de crise, ou de fausse crise finalement, ouvre les portes à tous les abus. Et en bas de l'échelle... Le petit béret en quête effrénée de travail peut se retrouver face à des interlocuteurs pour le moins juge peu impartial... Il doit faire face à des questions discriminantes, indiscrètes...Mais les candidats souhaitant obtenir un poste ne peuvent bien entendu pas le signaler à leur interlocuteur, qui sont probablement conscients de ne pas respecter les droits individuels. Les secrets pour parvenir à se dépatouiller de ses questions sont simplement qu'il faut s'y préparer. Concernant nos enfants, nous avons un moyen de garde nous permettant d'assurer aussi bien notre rôle de mère que notre vie professionnelle. Concernant les heures supplémentaires, bien sûr que lorsque c'est nécessaire noussommes prêtes à rester un peu plus longtemps au bureau ou à ramener un peu de travail à la maison pour le samedi matin. Mais il faut aussi être claire sur le fait que si l'on est efficace et bien organisée, les heures supplémentaires ne sont pas indispensables toutes les semaines. L'important étant la qualité du travail effectué et non le temps qu'on y a passé. Trouver du travail aujourd'hui, en temps de crise, ce n'est plus seulement se démarquer des autres mais aussi tolérer les dérives, tolérer les questions trop personnelles. Et si finalement, aujourd'hui, réussir son entretien était synonyme de le mener entièrement ? Comment parvenir à réorienter notre interlocuteur vers les sujets qui nous intéresse et non ceux qui satisfasse sa curiosité concernant notre vie privée ? 

Publié dans Le travail au féminin

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